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Promenades autour de Stresa et du lac Majeur

Promenades autour de Stresa et du lac Majeur

Avec ses nombreux vignobles, ses montagnes et ses célèbres lacs, la région du Piémont offre un vaste choix d‘escapades pour les amateurs de grands espaces. Partons quelques jours au bord du lac Majeur pour de belles balades en forêt ou au  fil de l’eau. De quoi profiter d’une vue exceptionnelle sur les plus beaux sites des environs.    

 

        La légende du moulin de Passera
        L’Ermitage de Santa Caterina del Sasso
        Le mont Mottarone
        Les îles Borromées

 

La légende du moulin de Passera

La recherche du moulin de la légende de Togn est un beau prétexte à cette promenade ombragée à travers la forêt, dans un calme absolu, à la découverte de petites églises et villages surplombant le lac Majeur.

Pour une échappée de dernière minute, je souhaite un coin d’Italie où je ne suis jamais allée. Un endroit paisible, une petite ville entourée de nature mais facilement accessible en train. La région du Piémont semble combler toutes mes attentes. Une brève recherche internet me conduit à Stresa, au bord du lac Majeur. Malgré ma désorganisation habituelle, je note à la va-vite 2 incontournables à visiter sur place  : les îles Borromées et le mont Mottarone.

 

 

stresa lac majeurCette ville de 5000 habitants, je n’en avais jamais entendu parler auparavant.

J’ai vite compris à mon arrivée que je devais bien être la seule… Mi-septembre, la ville grouille encore de groupes de touristes de tous bords. Mais peu importe, le cadre parait à première vue idyllique. Je ferai abstraction cette fois.

Me voilà donc assise en terrasse à Stresa, par un chaud et ensoleillé jour de septembre, savourant mon escapade en solitaire et mon cappuccino. Un vieil homme assis non loin de moi engage la conversation.  Après quelques échanges cordiaux, il me dit être intrigué que je puisse passer quelques jours seule, notamment dans un pays qui n’est pas le mien. Je le soupçonne surtout d’être désolé pour moi. Je saisis l’occasion pour lui demander des idées de balades aux alentours, loin de la foule. Il me suggère le sentier des châtaigniers qui mène au vieux moulin. Celui de la légende de Togn et du moulin de Passera.

 

La légende

 

sentier des châtaigniers Stresa

Il y a très longtemps, un homme appelé Togn parti faire le tour du monde et dilapida ainsi toute la fortune familiale. À son retour à Stresa, ruiné, il découvrit qu’il lui  restait un  héritage de son père : une parcelle de terre dans les bois, près d’un ruisseau. Il décida d’y construire  un moulin. C’est ici qu’il rencontra une belle paysanne dont il tomba fou amoureux. Ils se marièrent et de leur union naitra un garçon.

Un jour, alors que Togn était en ville,  l’enfant tomba dans la rivière en jouant et fut écrasé par les pales du moulin. À son retour, fou de rage, Togn tua sa bien-aimée l’accusant de la mort tragique de leur jeune fils. On ne le revit plus jamais. Cette tragédie apporta la malédiction au moulin qui semblait tuer tous ceux qui y prenaient résidence. On disait le lieu hanté et le moulin fut laissé à l’abandon.

Après de nombreuses années, Togn revint à Stresa déguisé en vagabond et retourna sur le lieu du drame. Le soir venu, lorsque la cloche de Brisino sonna minuit, on vit apparaître juste au dessus du moulin, un éclat étrange dans le ciel. C’était un fantôme portant une  robe paysanne. Togn disparu ainsi, emporté par la lumière. On dit qu’il aurait rejoint sa femme et son fils. Et que leurs âmes seraient à tout jamais réunies.

 

La promenade

 

L’itinéraire commence véritablement au niveau de la Villa Pallavicino. De là, il faut emprunter l’ancienne route pavée qui mène à travers les bois, “Sentiero dei castagni”

Contrairement à ce qui m’a été dit plus tôt, le chemin est balisé. Cependant, le long du parcours certaines signalétiques sont difficilement visibles (J’ai bien cru m’être perdue après le passage au moulin..)

Après une première étape à l’église de Passera, le chemin se rétrécit pour devenir sentier et pénètre à travers la forêt de châtaigniers, longeant un joli ruisseau.

 

 

Bientôt, une petite flèche en bois rouge pointe la direction du moulin. J’accélère le pas ! A ma grande surprise, je découvre  un panneau explicatif, décrivant l’histoire de Togn, quasi identique à la légende racontée par le vieil homme. Un texte écrit par des élèves dans le cadre d’un projet scolaire, il semblerait.

Quant au moulin… il faut vraiment  faire un effort d’imagination. Il ne reste plus grand chose de cette ruine. Entre les murs écroulés, la végétation a repris ses droits. L’homme rencontré ce matin est-il déjà venu jusqu’ici ? Quoiqu’il en soit, hors de question de rebrousser chemin!
Le sentier continue de monter progressivement dans les bois pour arriver à l’église de San Albino.

À cette intersection, sur la route goudronnée longeant la petite église, le balisage indique Belgirate à gauche mais n’hésitez pas à faire un  détour d’une quinzaine de minutes, en empruntant droit devant le chemin pavé qui grimpe au petit village de Magognino et son panorama sur le lac Majeur.

De retour à l’église San Albino, suivre le balisage et continuer sur l’ancienne route de Calogna et ses nombreuses chapelles pour descendre enfin sur Belgirate.

Une fois sur place, le train ou le bateau permettent de retourner à Stresa sans effort et en quelques minutes.

 

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La randonnée initiale est le parcours L2 Stresa-Belgirate, 8 km environ

Durée annoncée : 2h30 /  il m’a fallu  3h30 – courtes pauses et détour à Magognino inclus

Le chemin est praticable en VTT

 

 

L’Ermitage de Santa Caterina del Sasso

 

 

Départ en bateau de Stresa. En cette fin de matinée, le ciel est plutôt couvert, nous ne sommes que trois personnes à bord, à ma plus grande joie. Visiter un monastère dans une ambiance de quiétude et de recueillement est un privilège.

Une fois sur place, je comprends vite que la raison d’un tel calme n’est pas seulement dû au mauvais temps. J’aurais pu me renseigner sur les horaires d’ouverture c’est vrai, mais comme souvent je n’y ai même pas pensé.

C’est sous une belle averse que j’ai dû patienter : le monastère est fermé de midi et 14h.  Et aucun retour à Stresa n’est possible avant 14h20.

Cela dit, l’attente en valait la peine.

 

Mais revenons à l’Ermitage…

 

Construit sur une paroi rocheuse dominant le lac Majeur, l’ermitage Santa Caterina est situé presque en face de Stresa. L’arrivée par bateau est déjà spectaculaire.

On peut également y accéder par la route. Du haut du rocher, il faudra alors descendre  les 268  marches (ou prendre un ascenseur) qui mènent à ce lieu remarquable, blotti au creux de la roche.

Selon la légende, sa construction débute en 1170 quand un riche marchand nommé Alberto Besozzi survécu à un naufrage grâce à l’intervention de Sainte-Catherine. En guise de remerciement à la sainte, il décida de se retirer sur le lieu du miracle et d’y mener une vie d’ermite. Il y bâtit ainsi la toute première chapelle.
Des années plus tard,  on dit que Santa Caterina intervint de nouveau pour vaincre la peste qui ravageait la région. Puis au cours du 17e siècle, elle se manifesta encore pour stopper un éboulement qui aurait pu détruire la chapelle et la tombe d’Alberto. Les 5 rochers seraient restés suspendus dans la voûte jusqu’en 1910.

Sur le site, on peut contempler des fresques datant des XIV e et XV e siècle, visiter le couvent ainsi que l’église et ses 3 chapelles. On peut aussi se recueillir devant la châsse du fondateur des lieux. L’exposition des corps dans les églises m’a toujours fait un drôle d’effet…

De nos jours, l’Ermitage est la propriété de la Province de Varèse et il est dirigé par les oblats bénédictins.
L’entrée est gratuite. Pour plus d’infos et les horaires, c’est ici

 

Le mont Mottarone

 

 

Cette montagne haute de 1491 mètres sépare le Lac Majeur du Lac d’Orta. Du sommet, elle offre un panorama exceptionnel  à 360°

Vue sur les 7 lacs (Orta, Maggiore, Mergozzo, Biandronno, Varese, Monate et Comabbio) et les îles Borromées. Le site se transforme en station de ski l’hiver venu.

De Stresa, on peut prendre le funiculaire au charme rétro indéniable mais on peut aussi atteindre le haut du Mottarone à pied. La rando dure un peu plus de 4h30 – sûrement moins pour un marcheur aguerri.

Du centre-ville de Stresa , il faut se diriger soit vers la via Svelalunga soit au Lido Carciano (là où se situe également le départ  du funiculaire)

Dans les deux cas, vous rejoindrez Someraro, véritable balcon sur les îles Borromées. À partir de cet endroit, la montée se fait plus raide, le sentier serpente à travers les forêts de hêtres et de châtaigniers, atteignant le jardin botanique. Après l’avoir dépassé, vous arriverez à la gare intermédiaire du  téléphérique.

Le sentier le contourne et continue ainsi  à travers les bois et les pâturages pour arriver à la station du borroméen, dernier lieu de repos du chemin de fer à crémaillère qui reliait Stresa à Mottarone jusqu’à octobre 1962. Suivre l’ancienne route du train pour finalement atteindre le sommet du Mottarone.

 

Avant l’ascension ne faites pas comme moi 🙁 , assurez-vous que le ciel est bien dégagé afin de pouvoir là-haut admirer la vue grandiose sur les lacs italiens.

Une fois sur place, farniente et contemplation de la nature (comme moi) ou cap sur les montagnes alentour : plusieurs choix d’autres randonnées s’offrent à vous.

Si vous souhaitez rester sur place, vous y trouverez 3 hôtels-restaurants et un chalet/refuge

Funiculaire Stresa-Mottarone

 

Les îles Borromées

 

 

 

Un petit archipel d’îles situées sur le lac Majeur, entouré d’imposantes montagnes. Trois de ces 5 îles se visitent :

Isola Bella, transformée en jardin et son palais baroque comme suspendu sur l’eau

Isola dei Pescatori aussi appelée Isola Superiore, île des Pêcheurs qui est habitée à l’année

Isola Madre, la plus grande des îles du lac avec son palais et jardin botanique à l’anglaise

 

Avant mon départ et depuis mon retour, j’en ai entendu beaucoup de bien. Mon avis diffère un peu ..

Depuis le rivage, elles ajoutent de la magie à ce paysage déjà superbe. Pourtant,  je ne me suis pas attardée sur ces îles une fois sur place.

L’île des Pêcheurs par exemple  n’en avait que le nom..  A la place, j’y ai trouvé un lieu bondé  parsemé d’échoppes de souvenirs et de restaurants.  Même impression pour Isola Bella dont je n’ai même pas pris la peine de visiter le palais Borromée et ses jardins aux 10 terrasses surplombant le lac..Peut être à tort mais la foule  à l’entrée m’en a vite dissuadé.  Je me demande comment de si petites îles peuvent accueillir autant de monde en même temps !

Les mois d’hiver doivent être plus propices au calme et à l’authenticité.  Mi-septembre est encore une forte période d’affluence.

Sur le site de la ville, découvrez ces 3 îles plus en détails.

 

 

La vie semble douce autour du lac Majeur. Malgré la saison touristique, les gens sont accueillants et  les prix raisonnables. Et il reste tant à découvrir.. 5 jours ne suffisent pas.

Envie de prolonger le séjour, de découvrir l’autre versant de la montagne et le lac Orta. Ou tout simplement attendre l’hiver ici et voir se métamorphoser ces sublimes paysages.

Une prochaine fois ..car le train pour Milan est déjà à quai.

 

 

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Sans voiture, il est tout à fait possible de se rendre à Stresa et d’y visiter les environs. En bateau, à pied bien sur et à vélo. Il y a également une ligne de bus qui relie les différentes villes du bord du lac.

Un train part toutes les heures de Milan (1h de trajet environ) 

En septembre 2016, sans réservation préalable, j’ai effectué: Vintimille- Stresa, 25€  l’aller  Trenitalia

Claire
2 Comments
  • Je découvre ton blog via ton commentaire sur le mien et j’ai hâte de voir d’autres articles car le ton me plaît bien, j’y perçois une forme de sensibilité et de respect pour les lieux que tu visites et comme toi, je suis très sensible aux lieux inscrits au patrimoine de l’Unesco 🙂

    9 mars 2017 at 20 h 39 min

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